La
demi-réponse

Il y deux semaines
nous étions plus de 50 000 agriculteurs dans les rues de France pour réclamer
trois revendications claires : un plan de soutien aux trésoreries des fermes,
l’allègement des lois et des réglementations
franco-françaises et une vraie politique de régulation. Au soir de cette
mobilisation massive, le ministre de l’Agriculture, Bruno Le Maire, et le
président de la République, Nicolas Sarkozy, ont annoncé qu’ils prendraient des
décisions fortes, se fendant d’un "vous ne serez pas déçu" plutôt prématuré.
Quelles ont été les réponses à nos trois questions ? Sur la trésorerie des
exploitations, nous attendions une année blanche. Mais avec des prêts de
consolidation non pas à taux zéro mais à 1 ou 1,5%, l’année est plutôt blanc
cassé. Sur la modernisation des outils nationaux, le président s’en est remis à
la loi de modernisation que le ministre doit présenter au Parlement avant la fin
de l’année. Quant on sait dans quelle urgence le projet de loi est écrit en ce
moment, de deux choses l’une, ou il s’agit d’un "copier-coller" de propositions
que toute l’agriculture réclame depuis plusieurs années, ou il s’agit d’un
travail bâclé dans lequel le réajustement de certains critères nous sera décrit
comme une révolution majeure ; bref, on risque encore de passer à côté d’une
vraie réforme de modernisation. Enfin, concernant la régulation, le président
s’en est remis à la Commission européenne dont il semble exiger une
réorientation dès le mois de janvier, en taclant au passage sévèrement Marianne
Fischer Boel à la veille de son départ, ce qui aurait du être fait depuis
longtemps. Jusqu’au vote de la LMA et au changement éventuel de la PAC, les
agriculteurs français auront eu un peu de liquidités, mais toujours la même
concurrence internationale avec ses prix tirés vers le bas, et toujours les
mêmes charges et contraintes franco françaises, comme le Grenelle de
l’environnement et autre plan Ecophyto 2018... Au final, hormis les quelques
soutiens de trésorerie et
des annonces sur le renforcement des filières par la
contractualisation et la promotion des organisations de producteurs, si le
président de la République a réellement entendu les attentes des agriculteurs,
sa réponse est pour l’heure encore incomplète.
Olivier
Faict
Secrétaire Général de la
Fdsea