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    Action Agricole Picarde / L'éditorial de la semaine
 
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  2/11/2009
  Editorial du 30 octobre 2009


La demi-réponse

 

Il y deux semaines nous étions plus de 50 000 agriculteurs dans les rues de France pour réclamer trois revendications claires : un plan de soutien aux trésoreries des fermes, l’allègement des lois et des réglementations franco-françaises et une vraie politique de régulation. Au soir de cette mobilisation massive, le ministre de l’Agriculture, Bruno Le Maire, et le président de la République, Nicolas Sarkozy, ont annoncé qu’ils prendraient des décisions fortes, se fendant d’un "vous ne serez pas déçu" plutôt prématuré. Quelles ont été les réponses à nos trois questions ? Sur la trésorerie des exploitations, nous attendions une année blanche. Mais avec des prêts de consolidation non pas à taux zéro mais à 1 ou 1,5%, l’année est plutôt blanc cassé. Sur la modernisation des outils nationaux, le président s’en est remis à la loi de modernisation que le ministre doit présenter au Parlement avant la fin de l’année. Quant on sait dans quelle urgence le projet de loi est écrit en ce moment, de deux choses l’une, ou il s’agit d’un "copier-coller" de propositions que toute l’agriculture réclame depuis plusieurs années, ou il s’agit d’un travail bâclé dans lequel le réajustement de certains critères nous sera décrit comme une révolution majeure ; bref, on risque encore de passer à côté d’une vraie réforme de modernisation. Enfin, concernant la régulation, le président s’en est remis à la Commission européenne dont il semble exiger une réorientation dès le mois de janvier, en taclant au passage sévèrement Marianne Fischer Boel à la veille de son départ, ce qui aurait du être fait depuis longtemps. Jusqu’au vote de la LMA et au changement éventuel de la PAC, les agriculteurs français auront eu un peu de liquidités, mais toujours la même concurrence internationale avec ses prix tirés vers le bas, et toujours les mêmes charges et contraintes franco françaises, comme le Grenelle de l’environnement et autre plan Ecophyto 2018... Au final, hormis les quelques soutiens de trésorerie et des annonces sur le renforcement des filières par la contractualisation et la promotion des organisations de producteurs, si le président de la République a réellement entendu les attentes des agriculteurs, sa réponse est pour l’heure encore incomplète.

 

Olivier Faict

Secrétaire Général de la Fdsea



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