La mauvaise foi ça suffit !
Le dossier du prix du lait refait surface. Encore et toujours le lait,
diront certains. La sensibilité du sujet tient au fait que la filière a toujours
été organisée en interprofession, depuis plusieurs décennies. Elle préfigurait
ce que la loi de modernisation de l’Agriculture qui vient d’être votée veut
mettre en place pour organiser les filières et le rapport à la commercialisation.
Pourquoi bloquons-nous aujourd’hui ? C’est bien simple : les
industriels veulent faire rentrer de la volatilité de prix là où il y a de la
stabilité de marché, et les producteurs ne se laissent pas faire. Il y a des
effets d’annonce des industriels qui prétendent bâtir l’avenir ou enjoliver le
présent, et qui, chaque mois, cherchent un nouveau prétexte pour grappiller des
euros sur le dos des producteurs. Aujourd’hui, certains d’entre eux veulent une
fois de plus faire un pied de nez aux producteurs en décrétant un prix, hors
accord professionnel, et en partant tranquillement en vacances en se disant qu’à
la rentrée ça sera passé. Nous ne sommes pas dupes. Si nous avons su analyser la
conjoncture des marchés l’an dernier, nous savons encore le faire cette année.
Il y a la place pour un accord interprofessionnel, c'est-à-dire un prix commun à
la filière, plus valorisant que ce qu’on nous annonce. Si les entreprises ne
corrigent pas le tir, elles s’exposeront aux représailles des producteurs, et
ce, sous des formes variées. La mauvaise foi, ça suffit !
DOMINIQUE
DENGREVILLE PRESIDENT DE L’UPLP