La nature
commande !
Les récoltes ont démarré dans
notre département, et elles nous rappellent que le premier facteur qui commande
notre métier, c’est bien la nature ! Même dans la Somme, où les conditions
naturelles sont globalement favorables, selon la nature des sols et le fait
qu’il ait plu ou non, les rendements vont parfois aller du simple au double.
Cela m’amène à deux réflexions. La première, sur un plan européen, c’est qu’à la
veille de re-réformer la Pac, les notions de gestion des marchés et des stocks
restent plus importantes que celle du libre échange international. Sans crier au
loup ou à la famine, si la PAC se veut être une politique alimentaire
européenne, Bruxelles ne pourra pas faire l’impasse sur ces éléments. La
seconde, c’est que lorsqu’on assimile l’agriculture à une science exacte, que
l’on peut résumer à des ratios d’éléments fixes de paysage ou à des taux de
couverture des sols en hiver, on en arrive à des réglementations dont le coût
est réel, qui entravent le bon sens paysan, et dont la portée est bien faible
face aux variations d’une année à l’autre de Dame Nature. Dans les deux cas, les
instances dirigeantes doivent comprendre qu’en matière d’agriculture, le seul
pouvoir des hommes, c’est d’essayer de s’adapter à celui de la
nature.
Laurent Degenne, Président de la
Fdsea