Les epsèces
menaçées!
Avec Natura 2000, la France apprenait le difficile
exercice de la traduction des directives européennes, en l’occurrence celle de
la protection de la faune et des habitats. Aux yeux de Bruxelles, le dispositif
national de 1994 n’est pas conforme aux attentes. Trois points précis font
défaut, selon un arrêt de la cour de justice européenne. Dans ces trois points,
un seul peut concerner, pour partie, l’agriculture dans le périmètre du zonage
actuel. Pour se mettre en conformité, les services de l’Etat ont travaillé avec
zèle mais sans concertation… et depuis trois semaines, soumettent à de multiples
instances tout un programme de renforcement du dispositif. Les propositions
recueillent l’approbation quasi générale des commissions consultées puisque d’un
côté, les maires des communes rurales ont réussi à préserver les surfaces
urbanisables, et de l’autre, aucune composante économique n’est présente dans
ces commissions, hormis l’agriculture. Car l’enjeu est là : en soumettant 40% du
département aux contraintes Natura 2000, on fait peser à l’ensemble du
développement économique des contraintes aberrantes, dans un esprit pollué par
le principe de précaution. Au final, au regard des manquements pointés par
Bruxelles et des enjeux économiques en milieu rural, le projet tel qu’il est
présenté et complètement hors sujet, et dans ces conditions, les vraies espèces
menacées sont les personnes qui ont encore la foi pour développer des projets et
créer des emplois dans les secteurs primaires et secondaires, comme les
agriculteurs, les artisans, les entrepreneurs et industriels ruraux. Je ne crois
pas que l’avenir des territoires ruraux peut se résumer à des activités de
services installées au cœur d’une réserve naturelle, et, pour cela, la Fdsea
rejette en bloc les propositions des services de l’Etat
!
LAURENT DEGENNE PRESIDENT DE LA
FDSEA