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22/4/2011
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Editorial du 22 avril 2011
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Garder
la tête froide !
Les
jours de soleil se succèdent, et nous sentons monter l’inquiétude de voir nos
récoltes hypothéquées par la sécheresse. Oui, le risque est là. Présent dans
toutes les fermes : pénurie de fourrage, rendements amputés, cultures
industrielles défaillantes… Nous avons suffisamment d’expérience pour savoir à
quel point le climat peut faire le bonheur du tourisme et le malheur de
l’agriculture. Du coup, les médias généralistes nous mettent sous les feux de la
rampe et, naturellement, recherchent le sensationnel. Qu’est-ce que le
sensationnel ? Faut-il, d’un côté, crier la misère et, à l’opposé, lancer un
plaidoyer pour l’irrigation ? Pour les pertes éventuelles aux cultures, nous
devons pour l’heure garder espoir sur la pluie tout en regardant les moyens de
se "couvrir", comme l’assurance, ou, sur un autre registre, les circuits
fourragers. Si malheureusement le temps perdure, nous aurons les mois de mai et
juin pour organiser une opération d’entraide, et il faudra ensuite attendre les
récoltes pour monter un dossier "calamités". Concernant l’irrigation, nous
savons tous qu’une partie de la population n’attend qu’un prétexte pour faire le
siège des autorités et réduire l’accès à l’eau… Crier devant les médias que nous
avons un besoin immédiat et inconditionnel serait une double erreur. D’un côté,
techniquement, cela serait faux : la pratique de l’irrigation est globalement
raisonnée dans le département, et nous avons construit au fil des années un
système collectif responsable. De l’autre, médiatiquement, ce serait une levée
de bouclier face à nous visant à déclencher des restrictions douloureuses. Nous
ne devons pas nous écarter de la vérité des champs : la situation est
préoccupante, et il n’y a pas lieu de l’empirer nous-mêmes.
LAURENT DEGENNE PRESIDENT DE LA
FDSEA
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